Ce site Internet utilise des “cookies” internes et tiers pour pouvoir vous offrir un meilleur service. Naviguer sur notre site signifie accepter leur utilisation Plus d’informations x

Pep Duran

Pour fêter les 25 ans de Temporada Alta, Pep Duran remplit le ciel de poésie

Outre le fait de réunir plusieurs artistes catalans contemporains parmi les plus importants, les affiches des différentes éditions du festival Temporada Alta se caractérisent par un autre élément étonnant : nombreux sont les artistes ayant réalisé une affiche à être liés de près ou de loin au monde du théâtre. Narcís Comadira, en plus d’être peintre et poète, est aussi dramaturge. Frederic Amat a mené une carrière féconde de scénographe. Dans l’œuvre de Carles Santos, la musique, le théâtre et les arts plastiques sont souvent indissociables. Jaume Plensa a collaboré avec La Fura dels Baus pour l’un des premiers opéras de la compagnie. D’autres artistes ne sont pas entrés directement dans le monde du théâtre, mais il est clair que leur œuvre se nourrit des mêmes origines rituelles et festives que le théâtre. C’est le cas d’Antoni Miralda, connu pour ses performances devant des publics nombreux et d’Eulàlia Valldosera dont les installations évoquent des rituels intimes parfois ponctués d’éléments aussi fragiles que le caractère éphémère d’une œuvre théâtrale.

Le festival Temporada Alta fête ses 25 ans. Consciemment ou inconsciemment, pour l’affiche de cette édition, Salvador Sunyer s’est adressé à un artiste, Pep Duran (Vilanova i la Geltrú, 1955) qui, à l’instar de Frederic Amat, développe une relation très étroite avec le monde du théâtre des nombreux artistes avec lesquels il a collaboré. Pep Duran est non seulement artiste, mais il est aussi scénographe. Il est professeur à l’Institut del Teatre et réalise la scénographie du spectacle El coratge de matar de Lars Noren que Magda Puyo mettra en scène au TNC en octobre. L’affiche de Duran s’inscrit dans la lignée des affiches fortes d’Àngel Jové et Antoni Miralda. Le melon ouvert de l’affiche de Miralda a suscité de nombreux commentaires explicites. Il pourrait en être de même pour celle de Pep Duran, cet ovale rouge percé de nombreux trous ou de protubérances dotées d’un trou à l’extrémité. Mais ce n’est pas tout à fait ça. En y regardant de plus près, on peut voir que l’affiche de Pep Duran est en fait la photo d’une pièce en relief. Les protubérances sont des bobines de fil. Avec ces bobines, l’artiste veut rappeler, comme il l’explique lui-même « le fil d’Ariane, le fil des 25 ans du festival ». Dans ces bobines, on peut aussi voir « 25 yeux », comme si l’affiche était le portait d’Argos, le géant de la mythologie à la tête couverte d’yeux qui ne dort jamais. « C’est un signe adressé au ciel », conclut l’artiste lorsqu’il évoque la manière dont on pourra voir son œuvre sur les bannières. Mais les bobines peuvent aussi évoquer le passé textile de l’usine Coma-Cros qui héberge les bureaux d’El Canal, même si les administrations ne semblent pas prêtes à se lancer pour exploiter pleinement le centre.

Pour Pep Duran, l’affiche n’est pas un support inconnu. Il en avait déjà réalisé dans les années 70, parfois même celles de ses propres expositions. Les bobines qui ont servi à l’affiche de cette édition du festival Temporada Alta renvoient aux matériaux simples qui caractérisent son travail. Il les utilise parce qu’elles le rattachent à l’arte povera et surtout, comme il le dit lui-même à Antoni Tàpies, Joan Miró et Joan Brossa. Ces dernières années, le Macba a exposé deux pièces qui témoignent de l’inventivité de Duran avec les matériaux : un Retable laic monumental en céramique visible à La Capella en 2011 et l’année dernière, pour l’exposition Espècies d’espais, une installation qui recycle une série d’œuvres plus anciennes.

Antoni Ribas 

Festival Bito en collaboration avec :
Commanditaires officiels:
Sponsors pour les médias:
Les médias officiels:
Parrainé par: