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Eulàlia Valldosera

Eulàlia Valldosera

Eulàlia Valldosera

«Cette image s’inscrit dans un travail plus large», explique Eulàlia Valldosera à propos de la bouteille qui illustre l’affiche de la prochaine édition du festival Temporada Alta. « Cela fait de nombreuses années que je travaille avec des bouteilles de détergent, ajoute l’artiste, parce que ce sont des objets parfaitement impersonnels et parce qu’on peut en faire des fétiches. Nous ne leur attribuons aucune valeur, mais l’origine ancestrale des récipients fait partie des fondements de la société car ils permettent de stocker ». Cette bouteille en plastique soulève de nombreuses questions : est-elle un des accessoires d’un spectacle et est-elle alors le reflet de l’acteur qui l’a utilisé ? Le fait que le récipient contienne peut-être un détergent, peut-il être une métaphore de la catharsis que l’art provoque ? Il y a cependant un fait qui attire l’attention et rend la lecture de la pièce moins immédiate : la bouteille est pleine. « On peut en proposer une autre lecture : nous sommes face à un objet abîmé, un objet destiné à être jeté, explique l’artiste. D’une certaine façon, il parle du rapport entre le contenant et le contenu et du rapport entre l’aspect physique et l’aspect de l’âme ». Au total, l’image de l’affiche, ce personnage qui garde sa dignité malgré tous les coups reçus, est une métaphore de l’artiste, de l’acteur, du créateur, dans la mesure où il s’agit d’un contenant qui canalise l’inspiration. L’artiste est le vecteur d’inspiration, qu’elle que soit son origine ». L’inspiration, conclut l’artiste, peut venir de l’imaginaire collectif, et le goulot de la bouteille rappelle les gestes et les interrogations qu’elle suppose mais aussi la communication avec la société. Une autre idée qu’aborde l’image, c’est celle du recyclage. « Je me refuse à produire artificiellement des objets, je refuse de considérer mon travail comme celui d’une productrice, celui d’une fabrique capitaliste d’objets à la chaîne, affichant une marque, un logo, une signature et ayant ainsi une valeur », insiste l’artiste.

Eulàlia Valldosera a commencé à travailler avec les récipients en plastique au début des années 2000. Elle les a souvent placés en installations composées d’éléments fragiles — un projecteur de diapositives — rappelant une pièce de théâtre à tout petit budget, le plus important étant que le texte atteigne le public sans filtre et prenne son envol. « La mise en scène de l’art contemporain répond à une série de conventionnalismes, déclare l’artiste. Le musée doit avoir des murs blancs, il y a un cadre. Et par mon travail, je questionne ce cadre, la frontière entre ce qu’est l’art et ce qu’est la vie, ajoute-t-elle. J’utilise les murs blancs comme un contenant, un récipient, un écran sur lequel je projette des lumières et des ombres, des images en mouvement… L’asepsie des musées, je la compare aux hôpitaux ».

Eulàlia Valldosera (Vilafranca del Penedès, 1963) est considérée comme l’une des artistes les plus marquantes de sa génération. En 2002, elle a reçu le Prix national des Arts plastiques à la suite de la rétrospective présentée à la Fondation Antoni Tàpies – Eulàlia Valldosera. Œuvres 1990-2000. Elle est présente dans plusieurs musées comme le Musée Reina Sofia, le Macba et la collection d’art contemporain de la Fondation La Caixa. En 2009, le musée Reina Sofia lui a consacré une autre rétrospective, « Dépendances ». Valldosera a également participé à des événements artistiques internationaux comme la Biennale de Venise, la Biennale de Sao Paulo, la Biennale d’Istanbul et le Skulptur Projekte de Munster.

Formée à l’École des Beaux-arts de Barcelone et à la Gerrit Rietveld Academie d’Amsterdam, où sa carrière a commencé au début des années 1990, Eulàlia Valldosera a mis de côté la peinture pour explorer des thèmes tels que l’identité de la femme et le corps par le biais de la photographie, de projections et de la vidéo. Ses installations interrogent aussi le caractère d’objet et de marchandise des œuvres d’art.

Antoni Ribas

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